Musiques Agglomérées

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Folk-Rock - morceaux écoutés lors de la conférence du vendredi 28 mai 2010 - partie 1 : Etats-Unis

Envoyer

Une écoute introductive pour identifier le "son folk-rock"

The Byrds - Turn ! Turn ! Turn ! (To everything there is a season) [trad. adapt. Pete Seeger] - Extrait de leur 2ème LP, « Turn ! Turn ! Turn ! » (Columbia, 12/1965)

The Byrds est le groupe américain "moteur" dans l’évolution du son folk-rock. Fin 1965, alors que la tendance folk-rock se répand largement, les Byrds publient leur deuxième album, « Turn ! Turn ! Turn ! », dans lequel ils affirment leur sonorité. Ils obtiennent, après  "Mr.Tambourine Man"  au printemps 65, un  nouveau single numéro un  des charts avec leur version rock du morceau « Turn ! Turn ! Turn ! (To everything there is a season) », un classique folk de Pete Seeger inspiré du Livre des Ecclésiastes, de l’Ancien Testament.

 

1958-1963, le folk boom 

The Kingston Trio - Tom Dooley (1958) [trad. adapt. Frank Warner / John A. Lomax / Alan Lomax] - Extrait du CD “The Golden Age of American Popular Music : the folk hits” (compilation Ace, 2008)

Il faut attendre 1958 pour que le folk renoue avec la réussite commerciale. Publié par Capitol, le titre « Tom Dooley » occupe la première place du classement des ventes de singles pendant deux semaines.
Avec ce succès inattendu mêlant instruments acoustiques et harmonies vocales, The Kingston Trio devient le plus populaire groupe folk des années suivantes. La musique est à l'image du groupe : propre et souriante, même si le commentaire social y est parfois présent. C'est le début d'une ère nouvelle pour la musique populaire américaine.
« Tom Dooley » crée une demande particulièrement forte au sein de la communauté étudiante, et cette dernière devient pour les maisons de disques une cible d'autant plus intéressante qu'elle est en pleine expansion.
Les années 1959-60 voient fleurir les petites formations étiquetées folk, bien que leurs liens parfois ténus avec la musique traditionnelle fassent grincer des dents les puristes … Le succès de la variété folk du Kingston Trio et consorts a au moins le mérite d'attirer l'attention du public sur le patrimoine musical américain et prépare le terrain à des artistes moins commerciaux qui vont profiter des retombées de cet engouement.

 

Folk et rock, premiers mélanges

Judy Henske - High Flyin' Bird [Billy Wheeler] - Extrait de son 2ème LP, « High Flying Bird » (Elektra, 1964)

Le rapprochement à venir est déjà perceptible dans les œuvres de divers artistes folk entre 1962 et 64 : chez Judy Collins par exemple, dans les arrangements sophistiqués du duo Ian & Sylvia, ou encore avec l'utilisation d'instruments électriques par Richard & Mimi Farina ; autant de pas supplémentaires vers le son folk-rock. De même,  la section rythmique qui soutient la voix de Judy Henske sur sa ballade vénéneuse « High Flyin' Bird » en 1964 : l’une des premières à apparaître sur un enregistrement de folk contemporain (le morceau sera repris notamment par le Jefferson Airplane dès 1965).

 

The Beau Brummels - Laugh, Laugh (12/1964) [Ron Elliott] - Extrait de la compilation CD  «The Best of The Beau Brummels » (Rhino, 1987)

Certains des morceaux de The Beau Brummels, groupe de San Francisco, peuvent être considérés comme la première réponse folk-rock à la British invasion, précédant les Byrds de plusieurs mois.

 

“Mr Tambourine Man”, épiphanie musicale 

The Byrds - Mr. Tambourine Man (4/1965) [Bob Dylan] - Extrait de leur 1er LP, « Mr. Tambourine Man » (Columbia, 6/1965)

Le terme « folk-rock », initié par le music business pour classer, emballer et vendre ce nouveau son, apparaît au moment où le premier single des Byrds pour le label Columbia, le fameux « Mr. Tambourine Man » entre dans le Top Ten américain au printemps 1965. Les Byrds n’ont certes pas été les seuls à formaliser  le son « folk-rock », mais sûrement  le groupe clé : celui qui a fait fusionner l’énergie et les innovations apportées par les groupes de la « British invasion » avec le meilleur des éléments de la musique folk américaine contemporaine.

Produit par Terry Melcher, le jeune producteur pop-rock branché de chez Columbia, le morceau « Mr Tambourine Man » sort début 1965 ; il est numéro un des charts au printemps. C’est le premier hit de ce qu’on ne nomme pas encore « le son folk-rock ».
La chanson de Bob Dylan (choisi pour ses paroles abstraites, éloignées des schémas précédents plus narratifs) est totalement reconstruite par les Byrds, qui enlèvent plusieurs couplets pour favoriser un impact plus direct (et aussi une durée au format pop). Le son est totalement novateur, en tout cas très abouti par rapport aux tentatives effectuées par d’autres groupes qui ont précédé de peu la réalisation des Byrds, ou cherchent à la même période à mettre au point un son similaire.
Ce n’est pas simplement l’électrification du folk, c’est "autre chose". La musique est instantanément percutante et mémorisable, avec l’emploi par Roger McGuinn de lignes mélodiques à la guitare 12 cordes électrique Rickenbacker, jouée en arpèges, des harmonies vocales inspirées des Beatles et sublimées par le talent et l’inventivité évidente des trois vocalistes (Gene Clark, David Crosby et McGuinn), le tout sur un mid-tempo presque hypnotique. 

 

 

La "comète" Dylan

 Bob Dylan - Like a rolling stone (7/1965) [Bob Dylan] - Extrait du LP « Highway 61 revisited » (Columbia, 8/1965)

Fin août 1965, Columbia publie « Highway 61 Revisited » le premier album entièrement électrique de Bob Dylan (à l’exception du dernier morceau) qui fait suite à son controversé passage électrifié au festival de Newport à l’été 1965 et à la publication d’un single qui marque les esprits et les oreilles, « Like a Rolling Stone ». Ce morceau de 6 minutes (timing totalement inusité à l’époque pour un single destiné à passer en radio) est une déflagration rock, magnifiée, entre autres pointures, par la guitare de Michael Bloomfield, et par l’orgue d’Al Kooper (lequel va marquer de sa signature musicale le son enregistré du Dylan des années 65-66). « Like a Rolling Stone » devient numéro deux des charts américains début septembre 65 et fait de Dylan une superstar de la musique populaire.

 

L'effet Dylan 

The Turtles - It ain't me baby [Bob Dylan] - Extrait de leur 1er LP, « It ain’t me babe » (10/1965)

Issu de Los Angeles, le premier groupe autre que les Byrds à avoir un hit avec une chanson de Dylan (« It ain’t me babe ») se nomme The Turtles. Très influencé par le son des groupes anglais, les Turtles dépouillent le morceau de Dylan de ses oripeaux folk pour en faire une efficace chanson d’amour pop-rock. Selon eux, le dit « folk-rock » ne doit pas être une nouvelle forme élitiste d’expression, mais l’occasion de faire de bonnes chansons pop à succès avec des textes qui ont un réel contenu.

Le label Elektra 

Fred Neil - Bleecker & MacDougal [Fred Neil] - Extrait du LP « Bleecker & MacDougal » (Elektra, 8/1965)

Placé au confluent du folk, du blues, de la country et d’une énergie assimilable au rock, Fred Neil développe un style personnel unique qui préfigure le travail d’un Tim Buckley (textes introspectifs, arrangements folk-jazz-blues). Plusieurs morceaux de cet album seront bientôt repris sous des formes plus rock par certains groupes phares du folk-rock et du psychédélisme (The Lovin’ Spoonful, Jefferson Airplane, …) ; les ballades introspectives de Fred Neil auront une forte influence sur l'évolution artistique de nombreux singer-songwriters, mais également sur la scène folk-rock britannique.

Le label Verve/Forecast  

Janis Ian - Society’s Child (Baby, I’ve been thinking) (8/1966) [Janis Ian] - Extrait de son 1er LP, « Janis Ian » (1/1967)

Janis Ian est une songwriter précoce de 15 ans à la sortie du disque. Elle a déjà eu une de ses chansons publiée dans le magazine Broadside en 1964, et a enregistré des demos pour Elektra qui ne l’a finalement pas signée. La chanson « Society’s Child », méditation sur une romance interraciale, fait controverse : le label Atlantic ne veut pas la publier et c’est donc sur Verve/Forecast que sortira l’enregistrement, produit par le fameux Shadow Morton (producteur du girl-group The Shangri-Las) dans un arrangement musical folk-baroque sophistiqué.

Tim Hardin – Don’t Make Promises [Tim Hardin] - Extrait de son 1er  LP, « Tim Hardin 1 » (Verve/Forecast, 7/1966)

Reconnu par ses pairs, son répertoire souvent adapté, Tim Hardin n’aura jamais le succès public qu’il méritait de son vivant. Il est ce que l’on a coutume d’appeler « un artiste culte ».

Pendant ce temps là, à New-York 

The Lovin' Spoonful - Do You Believe In Magic (7/1965) [John Sebastian] - Extrait de leur 1er LP, « Do You Believe In Magic » (Kama Sutra, 11/1965)

Formé par John Sebastian - un jeune vétéran de la scène folk de Greenwich Village et musicien de session pour des artistes folk comme Tom Rush ou Fred Neil - et Zal Yanovsky, ce groupe illustre parfaitement la tendance de nombreux groupes folk-rock à développer un son plus pop et rock que folk, pour concurrencer la « British invasion » et  vendre beaucoup de disques … Entre mi-1965 et fin 1967, les Lovin’ Spoonful seront extrêmement populaires. Leur influence reste cependant moins novatrice et évidente qu’un groupe comme les Byrds par exemple.
Leur musique est enjouée, très pop et influencée aussi bien par le blues et les jug-bands (ensembles de musique de danses populaires mêlant instruments traditionnels et bricolés) que par le folk et le rock’n’roll. Ils n’hésitent pas à employer toute une variété d’instruments peu usités jusqu'alors dans la pop (autoharp, marimbas, …).

Simon & Garfunkel - The Sound of Silence [Paul Simon] - Extrait du 2ème LP du duo, « Sounds of Silence » (Columbia, 1/1966)

Se connaissant depuis leur enfance, Paul Simon et Art Garfunkel ont débuté leur carrière à la fin des années 50 sous l’influence du duo vocal pop-rock-country The Everly Brothers. Ils sont signés par Columbia comme un duo folk, et sortent en 1964 un album acoustique qui n’a aucun succès. Le futur plus célèbre duo folk-rock des années 60 aurait pu en rester là, sans la clairvoyance du génial producteur Tom Wilson (déjà catalyseur du passage de Dylan à l’électricité) qui a l’idée d’ajouter des arrangements électrifiés à un morceau de leur premier album.
La chanson « The Sound of Silence » version folk-rock, publiée en janvier 1966, devient numéro un et donne l’impulsion nécessaire au duo pour se retrouver et développer sur cette base une des variantes folk-rock les plus aboutie et populaire de l’époque : harmonies vocales instantanément identifiables, finesse du songwriting et des arrangements, paroles de qualité au dessus de la moyenne.
A noter que Paul Simon qui a séjourné un temps en Grande-Bretagne en a ramené l’influence musicale du folk anglais (pas encore « rock » mais en plein renouveau).
Entre 1966 et 1970, Simon & Garfunkel alignent les succès en or massif, en sachant faire évoluer leur musique avec intelligence dans la sphère sonore la plus abordable du folk-rock, mais sans compromission (et malgré leurs détracteurs qui leur reprochent d’être trop fades).

California dreamin'

The Mamas & The Papas - California dreamin' [Michelle Phillips/John Phillips] - Extrait de leur 1er LP, « If You Can Believe Your Eyes And Ears » (MCA, 3/1966)

Groupe vocal emblématique de la culture pop des années soixante, The Mamas & The Papas développent leur carrière sur le credo de l’hédonisme comme valeur commune à la nouvelle génération, et de la Californie comme nouvel Eden de la contre-culture.
Jeunes musiciens et chanteurs déjà expérimentés aux débuts du groupe et émigrés vers la nouvelle terre promise musicale californienne, l’efficace mélange de leurs harmonies vocales avec un folk électrifié très bien arrangé leur apporte rapidement un énorme succès.
Même si celui-ci ne durera que quelques rapides années du fait des dissensions affectives qui règnent au sein du groupe, leur image et une présence constante dans le milieu musical californien vont continuer de leur assurer une sorte d’aura emblématique sur la scène de la contre-culture.
En attendant, début 1966, à l’heure de leurs plus grands hits, leur folk-rock s’oriente déjà vers une pop orchestrée qui fera école dans les années suivantes sous le terme « sunshine-pop ».

Love - The Daily Planet [Arthur Lee] - Extrait de leur 3ème LP, « Forever Changes » (Elektra, 1967)

Love, groupe multiracial - ce qui n’est pas si fréquent à l’époque, surtout dans le rock - est mené par le fantasque chanteur-songwriter afro-américain Arthur Lee (qui a déjà enregistré quelques disques sans succès dans une veine soul-rock) et par le guitariste-chanteur-songwriter Bryan MacLean, seul membre ayant une expérience dans le circuit folk. MacLean a également été road-manager pour les Byrds à leurs débuts, et l’influence de ces derniers sur les premiers enregistrements de Love (de même que celle des Rolling Stones) est flagrante. Sur leur premier album, sorti au printemps 1966, c’est ce mélange qui domine avec toutefois la présence déjà affirmée des paroles énigmatiques d’Arthur Lee, qui baignent de plus en plus dans une juxtaposition d’idéalisme et de surréalisme, de colère et d’interrogations angoissées.
Love, à ce stade de leur premier disque, commence seulement à dévoiler les atouts de la musique unique à laquelle le groupe aboutira sur son troisième album, l’éternel « Forever Changes » (1967), mélange de folk-rock, de psychédélisme et de pop baroque, accompagné de textes anticipant les périodes plus sombres à venir.
Connaissant un fort engouement local dans les clubs de Los Angeles, le groupe a cependant une vie interne agitée et refuse de tourner nationalement, ce qui limitera considérablement son succès commercial.

Buffalo Springfield - Sit down, I think I love you [Stephen Stills] - Extrait de leur 1er LP, « Buffalo Springfield » (Atco, 1966)

Sérieux concurrent des Byrds pour la suprématie sur le petit monde folk-rock de Los Angeles et des collines voisines de Laurel Canyon, et plus globalement groupe notoire dans le développement du son rock californien à venir, Buffalo Springfield s’offre le luxe de trois excellents singer-songwriters dans ses rangs. Richie Furay, Stephen Stills et Neil Young ont cherché en vain le succès dans le rock ou le folk, avant de trouver la formule idéale pour eux à ce moment de leurs carrières.
En quelques semaines d’existence, Buffalo Springfield se trouve un son original, distinct de celui des Byrds, avec un mélange d’acoustique délicate et d’électricité furieuse qu’on ne retrouve pas de façon aussi équilibrée chez la concurrence. Proposant des compositions aux mélodies et interprétations évoluées, le groupe est également excellent sur scène.
Cette saveur folk-rock faite d’harmonies country-folk et de dynamique rock est présente sur leur premier album publié par le label Atlantic fin 1966.
Le groupe poussera plus loin vers le psychédélisme et le country-rock sur les enregistrements qui suivront, mais implosera dès 1968 du fait des egos de ses trois leaders.

Eight Miles High

The Byrds - Eight Miles High [Clark/Crosby/McGuinn] - Extrait de leur 3ème LP, « Fifth Dimension » (Columbia, 7/1966)

A l’été 1966, la scène folk-rock de Los Angeles s’est déjà grandement diversifiée et les Byrds n’y sont plus les seuls maîtres du jeu. Mais disposant toujours d’un coup d’avance avec leur trio de songwriters de haute volée, Roger McGuinn, David Crosby et Gene Clark, - et avant que ce dernier ne quitte bientôt le groupe -, les Byrds ont fait avancer d’un nouveau bond décisif leur musique et plus généralement le rock en enregistrant début 1966 le fruit de leur collaboration ultime, le morceau « Eight Miles High », sous les influences musicales modales conjuguées de John Coltrane et de Ravi Shankar.
L’album « Fifth Dimension » qui contient ce single - de même que les disques suivants publiés par le groupe en 1966 et 1967 - propulse le folk-rock dans la stratosphère psychédélique.
Cette nouvelle pierre dans le jardin de la concurrence n’ouvre rien moins que la route à une sophistication musicale qui vient se substituer au folk-rock « basique » au cœur de la dite contre-culture. Une fois encore, et même si d’autres iront encore bien plus loin, les Byrds ont montré la voie à nombre d’artistes qui vont s’engouffrer dans cette brèche.

La scène de San Francisco

Jefferson Airplane - Somebody to love [Darby Slick] - Extrait de leur 2ème LP, « Surrealistic Pillow » (RCA, 2/1967)

Porté par le mélange des voix de la chanteuse-icône Grace Slick et de ses acolytes Marty Balin et Paul Kantner, le groupe comporte de remarquables instrumentistes comme le bassiste Jack Casady ou le guitariste Jorma Kaukonen. Il connaît un succès national considérable avec cet album qui équilibre parfaitement les pôles mélodiques et expérimentaux du groupe.

Blackburn & Snow - Stranger in a Strange Land (1/1967) [Samuel F. Omar (= David Crosby)] - Extrait de la compilation CD « Sing me a rainbow : a Trident anthology 1965-1967 » (Ace, 2008)

Outre les groupes phares qui sont la bande-son du quartier hippie de Haight-Ashbury et celle du « Summer of Love » de 1967, la scène de la baie de San Francisco est riche d’artistes et de groupes farouchement indépendants. On peut citer par exemple l’excellent duo (Jeff) Blackburn & (Sherry) Snow qui propose un mélange abouti et frais de folk-rock, country, pop psychédélique. Leur impact national reste cependant restreint.

De nouvelles mutations, le country-rock

The Flying Burrito Brothers - Christine’s Tune - [Chris Hillman/Gram Parsons] - Extrait de leur 1er LP, « The Gilded Palace of Sin » (A&M, 2/1969)

Les Byrds font encore une fois figures de pionniers avec la publication de leur album « Sweetheart of the Rodeo » (8/1968), sous l’influence créative de leur nouveau membre, le jeune songwriter Gram Parsons, une figure qui deviendra culte dans l’histoire du rock. Gram Parsons quitte rapidement les Byrds en compagnie de Chris Hillman pour former un groupe dont l’existence chaotique est à l’image de la sienne, mais qui sera extrêmement influent sur le développement de la scène country-rock : The Flying Burrito Brothers. Gram Parsons, après deux disques avec les F.B.B. et quelques rares albums en solo séminaux (à noter aussi son interraction musicale avec Keith Richards des Rolling Stones), disparaît précocement à l’âge de 27 ans en 1973.

Fin de fête

Crosby, Stills & Nash - Long Time Gone [David Crosby/Frank Hartford/Tex Ritter] - Extrait de leur 1er LP, «Crosby, Stills & Nash » (Atlantic, 5/1969)

Le « super-groupe » Crosby, Stills & Nash est issu de la convergence d’affinités artistiques et d’intérêts carriéristes, formé par d’ex membres des Byrds (David Crosby), de Buffalo Springfield (Stephen Stills), et de l’un des groupes phares de la « British invasion » The Hollies (en la personne de l’anglais Graham Nash). La qualité de leurs harmonies vocales et leur sens mélodique au carrefour du folk-rock, du rock post-psychédélique et de la pop remporte un succès artistique et commercial total grâce à leurs deux premiers albums (sur le deuxième, « Déjà Vu », publié en mars 1970, Neil Young viendra ajouter au trio de base la force de ses compositions et de son interprétation au chant et à la guitare). Les textes mêlent préoccupations politiques et odes amoureuses.

Neil Young -  I’ve been waiting for you [Neil Young] - Extrait de son 1er LP solo, « Neil Young » (Reprise, 1/1969)

Neil Young (ex Buffalo Springfield) devient rapidement un des plus grands artistes de sa génération, marquant durablement, stylistiquement et qualitativement - à l’instar d’un Bob Dylan - le monde international du rock. Il en visitera tous les idiomes, du folk au rock électrique le plus décoiffant (avec son groupe Crazy Horse), et même au-delà. C’est avant tout un immense songwriter et interprète, doublé d’un fabuleux guitariste.

Les singers-songwriters

Joni Mitchell -  Ladies of the Canyon [Joni Mitchell] - Extrait de son 3ème LP, « Ladies of the Canyon » (Reprise, 4/1970)

De fortes personnalités emblématiques ont émergé, telle la chanteuse et musicienne d’origine canadienne Joni Mitchell et son mélange au long cours qui fera école de folk, pop, jazz. Bénéficiant à ses débuts discographiques en Californie du soutien d’un David Crosby, partageant un temps la vie de Graham Nash, son indépendance créative s’aura s’imposer rapidement dès la fin des années 60 dans le milieu de l’industrie musicale, avec une musique « folk-jazz » de plus en plus affinée et au succès non démenti.
Son répertoire est vite exploré dès 1968 par ses collègues américains, et au-delà dans les premiers efforts d’une scène folk-rock britannique qui n’a pas encore trouvé son identité, comme chez le Fairport Convention des débuts …

 

retour

Vous êtes ici :